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Publié par Michael Jeaubelaux

« Honnêtement, quand on a appris qu'une ancienne commissaire était citée dans le Bahamas Leaks, on a tout de suite pensé à elle. » Pour certains responsables européens, la révélation par la presse selon laquelle la Néerlandaise Neelie Kroes avait occupé secrètement des fonctions de directrice de la société offshore Mint Holdings aux Bahamas alors qu'elle était commissaire à la Concurrence n'est qu'une (mauvaise) demi-surprise. Ses allers-retours entre fonctions publiques et privées étaient connus. Mais celle qui a été commissaire européenne sous la présidence de José Manuel Barroso de 2004 à 2014 avait « oublié » de mentionner ses activités annexes au moment de sa nomination. De fait, on ne peut pas être commissaire européen et occuper une autre fonction parallèle. On comprend pourquoi, tant le conflit d'intérêts paraît aujourd'hui évident. A Bruxelles, la stricte M me Kroes oeuvrait à la libéralisation du marché mondial de l'énergie... tandis que sa société cachée aux Bahamas voulait racheter Enron, géant américain du gaz !

Cette nouvelle affaire, fruit de l'enquête menée par le Consortium international des journalistes d'investigations, n'arrange pas Jean-Claude Juncker. L'ex-Premier ministre luxembourgeois, qui a pris les rênes de la Commission de Bruxelles il y a deux ans, se voit parfois reprocher le recours aux paradis fiscaux par les banques installées dans le Grand-Duché. Un rappel qui l'agace au plus haut point.

Il doit désormais de surcroît gérer les turpitudes de la période Barroso. « La Commission européenne cherche à avoir des clarifications. Une fois tous les faits sur la table, elle décidera des actions à entreprendre », a déclaré hier Margaritis Schinas, porte-parole. Les révélations sur l'ex-commissaire néerlandaise tombent à un très mauvais moment pour l'exécutif européen, alors qu'une forte polémique agite toujours les milieux communautaires à la suite de l'embauche de José Manuel Barroso par la banque américaine Goldman Sachs, au coeur de la crise des subprimes en 2008. Le prédécesseur de Juncker a certes respecté les deux ans exigés avant d'aller travailler comme super lobbyiste dans le privé, mais le choix de la très influente Goldman Sachs ne passe pas..."

plus : htttp://www.leparisien.fr/politique/encore-un-scandale-a-la-commission-23-09-2016-6143133.php

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