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La réalité en face

La réalité en face

Un des maux de notre époque, c'est le refus et l’interdiction de regarder la réalité en face et surtout de la décrire! c'est le Politiquement Correct qui l'empêche! Il conditionne la description et donc la perception du réel! Quand elle est "Non Idéologiquement Conforme", la réalité est occultée, tronquée, manipulée par les media. Je veux partager avec vous mes connaissances et mon point de vue sur les sujets qui m’intéressent et pour lesquels j’ai acquis une certaine expertise. Ce blog est plus qu'un "blog politique", en effet il y sera aussi question de religion, de foi, de théologie, de Philosophie,etc.. Car une "autre réalité" est aussi occultée, niée, moquée, discréditée, c'est la "réalité de l'Invisible"! Celle de "l'Homme Vivant et Souffrant", mais aussi celle de l'Homme Intérieur dans sa relation à Dieu, à la Beauté, etc...Chaque « article » est en réalité un dossier. Alors ouvrez les articles! Ne vous contentez pas du titre, vous y trouverez des liens précieux…contenant d'autres liens...Bonne exploration !


"IDEOLOGIE SOURNOISE" - Très bon diagnostic du Philosophe antichrétien ("primaire") Peter SLOTERDIJK: "APRES NOUS LE DELUGE" (et "POURVU QUE CA DURE") - «Le moderne va dans la direction d'une vie sans descendance»

Publié par Michael Jeaubelaux sur 24 Octobre 2016, 18:35pm

"Notre société est incapable d’assurer et d’assumer la transmission du savoir et de l’expérience depuis qu’elle a fait de la rupture le moteur de la modernité.

Refuser tout héritage, faire table rase du passé, mépriser les modèles et les filiations, rompre systématiquement avec le père : ce geste « moderne », qui nous englue dans le présent, mène aux pires catastrophes, humaines, politiques, économiques.

Contre le culte de l’ici-et-maintenant, et pour sortir du malaise dans notre civilisation occidentale, Peter Sloterdijk propose une relecture vertigineuse de notre histoire et nous exhorte à nous réinscrire dans la durée.

Telle est la leçon de ce livre, sans nul doute un essai magistral sur l’art de maîtriser sa liberté. "

Très bon diagnostic! Pour le reste...je n'achèterai pas le livre...il me semble que la synthèse ci-dessous le résume utilement...pour le reste, j'ai juste lu des extraits, je dois avertir le lecteur que cet auteur est un "antichrétien primaire", qui dit n'importe quoi sur Jésus et les chrétiens (en particulier les martyrs) et le christianisme! (il fait référence à TARDE plutôt qu'à GIRARD...) je ne partage son avis, ni sur la France actuelle, l'Europe, le populisme, etc...Mais je partage à 100% son diagnostic pour l'époque actuelle. La différence entre Peter SLOTERDJIK et moi c'est que lui, se borne au constat sans dire si cela est bon ou mauvais, tandis que pour moi...il faut lutter contre cette folie qui nous mène à l'abîme

Ce diagnostic justifie tous les combats de la MANIF POUR TOUS, de VIGI-GENDER et des millions de personnes qui luttent contre "l'idéologie sournoise" que N.BELAKACEM, en FRANCE, veut imposer dès la crèche!

Cette catastrophe est l'ultime conséquence des "Lumières"!

Révolution : l’élan ou le néant // Le XVIIIe siècle a marqué une rupture dans l’histoire. Qu’en faire aujourd’hui ? Puiser dans la révolution un idéal, comme le préconise Jean-Claude Milner, ou se préparer à la catastrophe, comme le prophétise Peter Sloterdijk ?

Publié dans Philosophie Magazine n°103  Octobre 201 Tags Peter SloterdijkRévolution

« Après nous, le déluge. » Tel est le génial trait d’esprit improvisé par la marquise de Pompadour afin de préserver la gaieté de ses convives lors d’une soirée de 1757 à Versailles, alors que l’on venait d’apprendre la défaite improbable des troupes françaises face à celles de Frédéric II de Prusse.

Ce mot, soutient Peter Sloterdijk dans un magistral essai, pourrait bien encapsuler l’humeur générale qui plane sur l’Occident contemporain.

C’est qu’à l’époque des Lumières, elles-mêmes motivées par un christianisme laïcisé, s’accomplit une révolution psycho-politique qui « inspire aux Modernes la pensée la plus hardie, la plus incroyable, la plus inimaginable qui ait germé dans les cerveaux humains depuis que les ancêtres ont été expulsés du paradis » : le sentiment que les « événements les plus importants » sont encore à venir. Ce sont les fins et non plus les commencements qui orientent désormais l’humanité. Ce n’est plus la tradition, par laquelle une société se reproduit à l’identique, qui imprime sa tonalité mais l’appel — de jouissance et d’effroi mêlés — au nouveau. Ce n’est plus la parole des pères qui occupe l’avant-scène mais bien plutôt les désirs de leurs « enfants terribles ».

Mais voilà, ce que nous avons pris l’habitude de nommer « progrès », Sloterdijk propose de le rebaptiser : « chute en avant » perpétuelle. Car, dans les sociétés nouvelles, « la somme des libérations d’énergie » est systématiquement en excès sur « les forces liantes qui permettent la culture ». 

Nous vivons à « l’ère des effets secondaires » qui surpassent toujours « les effets principaux visés ». 

C’est donc une philosophie tragique de l’histoire que présente Sloterdijk en insistant sur les étapes ascendantes de la vie dans le « hiatus » – cette rupture de lien entre les époques : depuis le vote des députés en faveur de la mort de Louis XVI en 1793 jusqu’à l’abandon de l’étalon-or en 1971, en passant par Napoléon, Dada ou Staline.

Décrivant avec son habituel ton, à la fois neutre et ironique, notre « expérience antigénéalogique », Sloterdijk ne croit pas à la possibilité d’une restauration des temps anciens.

Mais s’il se moque des odes au « cosmopolitisme », au « métissage », à « l’hybridation », c’est pour souligner qu’elles font bon marché d’une faille inquiétante et qui s’amplifie d’elle-même : la nécessité, pour chacun, de se fonder à partir de rien.

Elle requiert, conclut-il, notre conversion à une culture de l’apprentissage permanent des essais et erreurs de l’histoire, afin de muscler notre « endurance »pour la traversée des catastrophes qui, après nous, ne manqueront pas de venir.

CHRONIQUE «PHILOSOPHIQUES»

L’homme sans passé n’a pas d’avenir

Par Anne Dufourmantelle, Philosophe et psychanalyste. — 

Dans «Après nous le déluge», Peter Sloterdijk diagnostique une rupture de la transmission dans nos sociétés. Le passé est gardé par d’autres, du psy au «cloud», et l’avenir semble paralysé, entre dettes et catastrophes. L’homme sans passé n’a pas d’avenir

«A l’entrée des temps modernes, par la suite d’une paradoxale inversion des pôles, les tendances à la fuite hors du monde se sont transformées en force de soumission au monde. […] De fait, les temps modernes ont remplacé la logique de la reproduction par l’éthique de l’optimisation.»

Voilà la thèse brillamment défendue par Peter Sloterdijk dans son nouveau livre, Après nous le déluge (édition Payot). Son titre est l’exclamation de Mme de Pompadour un soir de 1757 lorsqu’elle apprend la défaite de l’armée française face aux petites troupes de Frédéric II de Prusse. Régente secrète de la France, née Poisson avant de devenir la favorite du roi, elle démontrait par son ironie qu’elle était bien une fille du siècle des Lumières.

Parole prophétique, pense Sloterdijk, qui allait définir notre époque.

Longtemps, la culture s’est édifiée sur la répétition voulue du monde ancien. Chaque génération s’inscrivait en fidélité à l’ancienne, avec des coupures certes, mais en révérant la dette qu’eux, héritiers, avaient contractée envers ceux qui leur avaient transmis vie et sens.

C’est dans le christianisme que Sloterdijk voit le premier grand hiatus d’avec la tradition, le message christique étant : abandonne tout, famille, conventions, si tu veux me suivre. (Note de M.J. : Le christianisme ne rompt pas avec les Pères, puisqu'il inclue "l'Ancien Testament", les psaumes sont pasalmodiés partout dans le monde chaque jour...et la Génèse est toujours le fondement...c'est d'ailleurs en référence à "la Chute" que Dieu est contraint de s'incarner! Par ailleurs, le futur proposé par le christianisme est infiniment plus grand que le passé  : ce "futur", "déjà là",  c'est "l'homme divinisé en Christ" dans la communion éternel avec Dieu!"...le déluge pour les chrétiens est derrière eux, et ils ne souhaitent pas que "ça dure"...mais au contraire "que ce Monde passe et que vienne le temps de la Grâce"!...."Le message christique d'Anne DUFOURMANTELLE auteur de cette critique est un message hérétique, une de ses "idées chrétiennes devenues folles"...car "laïcisées" et penser "hors du Christ" ... dont le "Royaume n'est pas de ce monde"!))

C’est l’avènement de ce qui construira un certain idéal occidental : la rupture avec le passé et le monde des pères.

Rupture qu’il examine en illustrant cette «existence dans le hiatus» dans un chapitre intitulé «Vers la chute libre» avec des dates symboliques de l’histoire, par exemple sous la Terreur, le 22 janvier 1773, ou encore ce jour de 1916 de la révolution d’Octobre.

La tonalité de l’essai est pessimiste mais avec une énergie qui incite à penser, à agir. Les pages où Sloterdijk décrit en 27 propositions la surenchère de promesses intenables qui signent notre temps sont saisissantes. Cette rupture de la logique de transmission à l’œuvre n’est pas récupérée par un discours conservateur, au contraire. Mettant en lumière le potlatch collectif dans lequel nous (Note de M.J. : NON uniquement les "modernes") serions entrés irréversiblement, refusant d’être les héritiers d’un passé qui pense l’avenir, nous voudrions un monde sans verticalité ni sol d’origine, indéfini et plastique à l’infini. (Note de M.J. : sauf les croyants et les patriotes!)

Cette crise de l’héritage explique pour beaucoup la course à l’abîme perpétuelle de la finance internationale. Jamais les dettes ne seront remboursées. Chacun le sait mais les plus gros poissons doivent faire comme si les petits devaient s’y plier un jour. Juste pour ne pas être eux-mêmes déclarés insolvables : «Les dettes anciennes ne sont plus que déplacées vers un lendemain durablement paralysé par une cascade de dettes nouvelles.»

Dans la clinique d’un psychanalyste, à quoi correspondrait ce hold-up de l’avenir sur les caisses du passé ?

La demande au thérapeute a changé depuis quelques années, pas l’être humain, mais l’époque et la manière dont elle influe sur nous, nos désirs, nos peurs.

«Ne nous faites pas revenir au passé, se plaignent-ils. On n’en n’a plus envie… Donnez nous un avenir délivré, non pesant, fluide, fonctionnel, qui s’adapte à l’envie, permettez-nous d’oublier»…

La mémoire, il y a des lieux pour cela : le «cloud» est une dimension qui dispense d’avoir à se souvenir et donc d’agir aussi en fonction de ce qui fut. Photos, images, secrets seront gardés ailleurs, et par d’autres.

Aujourd’hui, on ne demande plus au psychanalyste de nous accompagner dans un effort, de penser et de «changer sa vie», mais souvent de n’être plus que le pur réceptacle de nos souvenirs, nos plaintes et nos peurs.

«Encore un effort pour être révolutionnaire», pas comme nous y invitait Sade, non… Plutôt pour s’amuser avant la catastrophe, pour s’abandonner au flux des promesses à ne pas tenir, des mots sans conséquences.

«Les temps modernes ne sont pas tant les motifs de l’affirmation de soi et de la conservation, […] mais le motif de la dispense accordée à soi-même. […] L’homme dans la modernité post-chrétienne n’est-il pas en premier lieu l’être qui se sort de tout par la parole et plus encore celui qui imagine des arguments pour se rendre inaccusable ?»

Une telle assertion me laisse songeuse. Freud arme la culpabilité comme une bombe à retardement au cœur du sujet. Le surmoi ne cessant de harceler le moi pour qu’il soumette ses pulsions à l’ordre voulu (parental et sociétal). La psychanalyse se situe entre contrition et autorisation à jouir. Le soulagement de toute culpabilité qu’on lui demande souvent de permettre, participerait-il désormais de la désinvolture, voire du déni vis-à-vis du passé et des exigences dont il demande de répondre pour l’avenir ?

C’est le diagnostic magistral de Peter Sloterdijk.

«En même temps que l’ordre symbolique dans son ensemble, le langage avait aussi sombré dans l’abîme de l’illégitimité», constate-t-il encore. Obtenir l’immunité générale, faire de l’irresponsabilité un droit de l’homme - immature à vie - est-il la nouvelle conquête qu’une époque demande à la psychanalyse et à toutes les institutions qui sont censées la structurer ? A vouloir se dispenser du passé, le présent perpétuel de notre monde pourrait bien finir par nous priver d’avenir, c’est-à-dire d’espérance.

Cette chronique est assurée en alternance par Sandra Laugier, Michaël Fœssel, Anne Dufourmantelle et Frédéric Worms.

Anne Dufourmantelle Philosophe et psychanalyste.

http://www.liberation.fr/debats/2016/10/13/l-homme-sans-passe-n-a-pas-d-avenir_1521738

Amusant de lire une si belle critique de "Libé" le journal par excellence de ceux qui se pensent comme "Modernes"!

 

C’est le titre du dernier livre du philosophe allemand Peter Sloterdijk, et selon lui la formule de l’inconséquence moderne

La phrase prononcée au cours d’une fête par la marquise de Pompadour après avoir appris la nouvelle d’une défaite des troupes françaises lui apparaît en effet comme « la devise secrète des siècles à venir ». Elle s’impose comme une ritournelle « chaque fois que le réel ne ressemble pas aux scénarios de progrès que notre bonne volonté ou notre naïveté nous dicte ». Le philosophe indique, dans l’entretien accordé au Point, avoir encadré sa réflexion par une autre formule, complémentaire de la première comme les deux faces d’une même pièce de monnaie : « Pourvu que ça dure », l’incantation de la mère de Napoléon à chaque victoire de son rejeton. Aujourd’hui la durabilité est invoquée comme une formule hypnotique alors que la destruction de l’environnement s’accélère. Peter Sloterdijk y voit le symptôme schizophrénique de notre époque, marquée par « l’asymétrie entre la conscience du passé et l’attente du futur ». Le regard porté sur notre passé nous plonge dans la dimension de millions d’années, alors que vers l’avenir personne n’ose se projeter au-delà de quelques décennies. D’où selon lui une atrophie galopante de notre mémoire, une réduction au plus petit dénominateur commun des deux composantes de la durée : passé et avenir. Et, au plan sociétal et politique, l’accomplissement de la modernité par la dissolution du lien généalogique. On tue le père pour se couronner soi-même : « maintenant, c’est le descendant qui choisit son ancêtre ». Gabriel Tarde, l’auteur des Lois de l’imitation l’avait bien vu dès l’époque de Durkheim, lui qui « a été le premier sociologue à avoir reconnu dans la victoire inéluctable de la mode sur les mœurs la caractéristique la plus forte de la dynamique contemporaine de la civilisation ». Dès lors « l’imitation dominante du nouveau provoque la déchéance rapide de ce qu’on appelait l’héritage culturel – soit l’imitation garantie par la suite des générations », lequel laisse désormais place au mimétisme endogène d’une seule et même génération, une culture où les adolescents ne se reconnaissent plus que dans les modèles et les idoles de leur âge.

Pour le philosophe, ce processus est favorisé par le règne d’internet et la dévaluation de l’effort d’apprendre

« Les industries du savoir ont remplacé l’apprentissage par l’information. Or l’information – dit-il – c’est précisément le savoir qui n’entre plus dans l’économie intérieure de celui ou celle qui sait. » Le monde entier est une école et tous les hommes sont des écoliers, affirmait au XVIIème siècle le maître de tous les enseignants, Comenius. Il s’opposait en cela à Shakespeare, pour qui le monde était plutôt un théâtre, et les hommes des comédiens. Le débat rebondit aujourd’hui sous une forme qui devrait nous inquiéter : ce que Sloterdijk désigne comme « la révolte des mauvais élèves. Qu’est-ce que le populisme, sinon la volonté de brûler les bancs des écoles ? »

(Note de M.J. : "Le populisme" désigné actuellement par les "modernes" est justement l'inverse"!)

Sans remonter pour autant jusqu’aux Gaulois, Pascal Quignard célèbre dans son dernier livre le premier écrivain en langue française

Nithard, petit-fils de Charlemagne, donne naissance à notre langue dans le traité de paix signé entre Charles le Chauve et Louis le Germanique en l’an 842, les Serments de Strasbourg. « C’était un vendredi et Nithard écrit qu’il avait beaucoup neigé : alors on voit cette langue française, dans le froid de février, qui sort de la bouche de tous ces gens, comme une brume… » Les Larmes – c’est le titre de l’ouvrage de Quignard – « compare ces deux choses : les langues et leurs hasards, inessentiels, et ce que j’appellerais notre chant spécifique » explique l’écrivain dans l’entretien accordé à Marianne. Le titre du livre se réfère au vers de Virgile sur les Lacrimae rerum : « Les atomes qui tombent dans l’espace sont les larmes des choses ». Prendre de l’âge aiguise cette sensibilité aux choses, selon lui, et l’attention au monde : « Plus on a connu de printemps, plus on a connu de saisons, et plus tout cela devient beau. Beau à pleurer. » Par Jacques Munier

"FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Après nous le déluge, le dernier essai du philosophe allemand, est une variation magistrale sur le déséquilibre d'un monde affranchi du passé et qui risque de s'engloutir lui-même.

LE FIGARO. - Le titre allemand de votre ouvrage est «Les enfants terribles des temps modernes». Qu'entendez-vous par «les temps modernes»?

Peter SLOTERDIJK. - Temps modernes? Il ne suffit pas, comme les éditeurs du magazine de Sartre à l'époque, de mettre ce titre sur la première page d'un journal… Est moderne pas seulement celui qui épouse son époque, mais celui qui continue à la moderniser. Et moderniser - du point de vue généalogique ou antigénéalogique comme je le propose dans mon livre -, c'est aller toujours plus loin dans la direction du déracinement, de l'autogenèse, du déni des origines et, si possible aussi, dans la direction d'une vie sans enfant ou sans descendance. Et si jamais il s'avère qu'il est impossible de mener une vie sans laisser de traces sur la terre, on préfère que la génération suivante soit créée par ramification latérale. Ce que réalise d'ailleurs la législation contemporaine: ...

Cet article a été publié dans l'édition du Figaro du 91% reste à lire"

Dans le cadre des Dialogues du contemporain, l’Institut français et l’Odéon-Théâtre de l’Europe accueillent le philosophe allemand Peter Sloterdijk pour une discussion autour de son livre Après nous le déluge, le lundi 17 octobre à 20h dans la grande salle de l'Odéon.
 
« Après nous le déluge » : à l’heure où le réchauffement climatique assombrit les perspectives d’avenir, nombreux sont les essais et travaux qui tentent d’explorer les transformations contemporaines de notre perception du temps et de notre inscription collective dans l’histoire.
 
Dans cette interrogation d’époque, la réflexion du philosophe allemand Peter Sloterdijk tranche par l’originalité de son diagnostic : cet horizon de la catastrophe est, selon lui, d’autant plus perturbant que notre modernité entend, depuis deux ou trois siècles, se définir tout entière en fonction de l’avenir plutôt que du passé. Substituant la foi dans le progrès à la référence à la tradition, notre culture s’est accoutumée à affirmer que les événements les plus importants sont encore à venir : quelles sont les conséquences, intimes et politiques, de cette tendance collective à nous définir par référence à ce qui n’est pas encore arrivé ?
 
Avec cette rencontre exceptionnelle avec l’un des penseurs majeurs de notre temps, en dialogue avec le philosophe Laurent de Sutter, l’Institut français et l’Odéon-Théâtre de l’Europe poursuivent pour une deuxième saison le cycle des « dialogues du contemporain », rencontres inédites entre intellectuels français et étrangers de toutes disciplines.
 
Philosophes, sociologues, psychanalystes, historiens, théoriciens de la littérature ou du cinéma, s’y confronteront à quelques-unes des questions les plus urgentes du contemporain. Ce cycle souhaite ainsi proposer au fil de cette saison un panorama de ce que l’on pourrait appeler la pensée de création : comment le monde se donne-t-il à comprendre, à même les œuvres, les récits et les images d'aujourd'hui ?
 
Après nous le déluge. Rencontre avec Peter Sloterdjik, animée par Laurent de Sutter.
Lundi 17 octobre 2016 // 20h à l'Odéon - Théâtre de l'Europe (Grande salle)
Plein tarif 10€ // Tarif réduit 6€

6 OCTOBRE 2016

« Après nous le déluge », dit-on

Mais depuis quand le dit-on, en fait ?
Depuis le Déluge, celui pour lequel Noé construisit l’Arche ?

Les hommes mangeaient, buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; le déluge vint, et les fit tous périr. (Luc 17:27)

Les humains avaient refusé de monter dans l’arche parce que la recherche de leur propre satisfaction immédiate était leur seul centre d’intérêt.


« Peu importent mes actes, puisque je vais mourir et qu’ils ne me concerneront plus », dit l’expression.

Certains la font remonter à Mme de Pompadour, conseillère de Louis XV après avoir été sa maîtresse. À la suite de la bataille de Rossbach en novembre 1757, où vingt mille Français conduits par le Prince de Soubise furent vaincus par les Prussiens de Frédéric II, la marquise se serait ainsi exclamée pour consoler le roi.

Mais les lexicographes s’étonnent de ne pas voir de trace écrite de l’expression avant 1789.
Claude Duneton, le grand historien du langage, disait qu’elle existait bien auparavant et qu’elle aurait été remise au goût du jour par l’astronome Maupertuis qui avait annoncé le retour de la comète de Halleypour 1758, en indiquant qu’elle provoquerait un nouveau déluge et peut-être la fin du monde. D’où un certain fatalisme, pour ne pas dire pessimisme, dans la population française… et la fortune nouvelle de l’expression.

La Seine à Paris - déluge

Contre le culte de l’ici-et-maintenant induit par le fatalisme, le philosophe Peter Sloterdijk nous invite à nous réinscrire dans la durée, à tenir compte des expériences passées comme à agir pour le futur de la planète.
Après nous, arrêtons le déluge ?

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