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La réalité en face

La réalité en face

Un des maux de notre époque, c'est le refus et l’interdiction de regarder la réalité en face et surtout de la décrire! c'est le Politiquement Correct qui l'empêche! Il conditionne la description et donc la perception du réel! Quand elle est "Non Idéologiquement Conforme", la réalité est occultée, tronquée, manipulée par les media. Je veux partager avec vous mes connaissances et mon point de vue sur les sujets qui m’intéressent et pour lesquels j’ai acquis une certaine expertise. Ce blog est plus qu'un "blog politique", en effet il y sera aussi question de religion, de foi, de théologie, de Philosophie,etc.. Car une "autre réalité" est aussi occultée, niée, moquée, discréditée, c'est la "réalité de l'Invisible"! Celle de "l'Homme Vivant et Souffrant", mais aussi celle de l'Homme Intérieur dans sa relation à Dieu, à la Beauté, etc...Chaque « article » est en réalité un dossier. Alors ouvrez les articles! Ne vous contentez pas du titre, vous y trouverez des liens précieux…contenant d'autres liens...Bonne exploration !


VIOL HARCELEMENT SEXUEL CINEMA FRANCAIS MODE POLITIQUE UNIVERSITE SCIENCES-PO PARIS OMERTA - "Scandale WEINSTEIN" - Marre des hypocrites! "Tout le monde sait". Tout le monde fait avec et en profite! Alors assez des vierges éffarouchées!

Publié par Michael Jeaubelaux sur 12 Octobre 2017, 13:18pm

Quel spectacle! Tous ces hypocrites qui font mine de découvrir ce que "tout le monde sait" et que beaucoup font! Que ce soit dans l'entreprise, le cinéma, le théâtre, la politique, l'Université...Sciences-Po Paris, où tout le monde savait que Richard DESCOING faisait "faire des dictées" à certains étudiants dans son bureau, contre bonnes notes et diplômes" ...mais tout le monde s'en accommodait, et "Richie" était adulé! ("témoignage direct d'un ancien élève...mais qui bien-sûr ne se souviendra de rien si on l'interroge... on ne salit pas une icône, n'est-ce pas! Surtout quand il n'est plus là pour se défendre...)

Ce matin, sur CNEWS les réactions des uns et des autres étaient cocasses!

On apprenait que coucher pour avoir des bonnes notes et son diplomes était "monnaie courante" entre doctorants ou doctorantes et leur directeur ou leur Directrice de thèse!

Car contrairement à ce que voudrait nous faire croire les féministes, le viol, les agressions, le harcélement ou le chantage sexuel n'est nullement l'apanage des "méchants hommes"!

Quand Jérôme Béglé a osé mettre les pieds dans le plat à propos du cinéma français (Financement, casting, salaires, revenus, à qui ça profite?...), Olivier BENKHEMOUN était tout...gêné...quand il a osé parlé d'Hillary CLINTON et de son financement par WEINSTEIN, là il fut couper immédiatement..."envoyez la Pub"! Circulez il n'y a rien à voir!

Pourtant Léa SEYDOUX a été clair "des hommes comme WEINSTEIN j'en rencontre tous les jours"! ...et de souligner le comportement d'Abdellatif KECHICHE lors du tournage de "La vie d'Adèle", un film de lesbiennes proche du porno, mais Palme d'Or à Cannes!

On se souvient de Lambert WILSON, en 2010,  touchant "gentiment les fesses" (comme dit l'article de NICE-MATIN) de Sabrina OUAZINI lors du "Photocall" avant de l'embrasser sur la bouche, ce qu'il fera aussi avec Xavier BEAUVOIS! (Sabrina OUAZINI était probablement consentante puisqu'elle n'a pas porté plainte...)

François d'ORCIVAL fit scandale en affirmant ...une banalité que "tout le monde sait" : "Il faut coucher pour jouer"! Comme si "personne savait"... LELOUCHE divorce et se remarie chaque fois avec celle dont il va faire l'actrice principale de  son prochain film... il a même des enfants avec chacune d'elles...

Rachida DATI n'a-t-elle pas un jour déclarer " Puisque les vieux blancs aiment les jeunes beurettes, pour me gênerais-je?"

Alors assez de pudibonderie hypocrite! 

Il existe des femmes usent de leurs charmes pour en tirer des avantages, il existe des hommes usent de leur pouvoir pour se "payer" les femmes qui préfèrent céder à leurs avances (ou se tairent) pour en tirer des avantages!

Au bureau, à l'usine, au théâtre, dans les Universités, les grandes écoles, sur les plateaux de TV ou de Cinéma, à la Radio et en politique... Pourquoi Mitterrand a-t-il nommer Edith CRESSON Premier Ministre? ... Combien de femmes sont passées "sous" CHIRAC, GISCARD, MITTERAND... CLINTON, KENNEDY...

Sexe, argent, pouvoir marchent ensemble pour beaucoup de gens... seuls les "saints" résistent, mais non sans l'aide de Dieu!

Donna Karan, quant à elle, a souhaité soutenir le producteur, faisant l'éloge d'un homme "merveilleux" et expliquant qu'il s'agissait là de la faute… des femmes. 

"Je pense que nous devons nous regarder nous-mêmes", a ainsi déclaré Donna Karan au Daily Mail

"Les femmes cherchent des ennuis en s'habillant de cette manière. Je pense aussi à l'image que nous renvoyons, comment nous nous présentons en tant que femmes. 

Est-ce qu'on peut en demander autant alors que nous sommes dans la sensualité et dans la sexualité ?" 

"J'adore" Thierrry ARDISSON ...

Le scandale Harvey Weinstein fait trembler le cinéma français

 Par , publié le , mis à jour à 
Le producteur américain Harvey Weinstein au festival de Cannes le 22 mai 2015
Le producteur américain Harvey Weinstein au festival de Cannes le 22 mai 2015 afp.com/LOIC VENANCE

Les accusations d'agressions sexuelles contre le producteur américain pourraient bien avoir des répercussions dans le cinéma français et soulever des affaires tout aussi scandaleuses.

Ce n'est plus une pluie d'accusations mais une tornade! Qui nettoie tout du sol au plafond - le premier recouvert d'un tapis rouge, le deuxième situé dans la salle du conseil d'administration de The Weinstein Company, présidé par Bob Weinstein qui a limogé illico presto son co-président de frangin, Harvey.  

Et pour cause. Si vous avez manqué le début -ou si vous avez passé une semaine au fond d'une cave ou loin de la Terre, un article du New York Times, suivi d'un autre dans le New Yorker, accusent le producteur Harvey Weinstein d'agressions sexuelles, harcèlement et viol. Rien de moins. Enquêtes appuyées par les témoignages de personnalités comme Ashley Judd (Divergente), Rose McGowan(Scream), Angelina Jolie, Cara Delevingne... Très vite rejointes par les Françaises Emma de Caunes, Léa Seydoux, Judith Godrèche. 

 

L'onde de choc a donc atteint les rivages du cinéma français et, par conséquent, secoue beaucoup de décideurs qui travaillaient de près ou de loin avec le producteur. Tous jurent qu'ils n'étaient au courant de rien. "En tout cas pas à ce point, précise ce distributeur. J'avoue que l'histoire d'Emma [de Caunes] m'a profondément choqué. Comment voulez-vous que j'imagine qu'un type avec qui je parle affaires le plus sérieusement du monde dans sa suite, soit capable de sortir de sa douche son appareil à la main devant une comédienne?"  

"Tout le monde savait que l'homme pouvait être lourd"

Albane Cleret, directrice d'Albane Communication, agence événementielle organisant moult événements, notamment durant le Festival de Cannes, est une proche de beaucoup de comédiennes françaises. Savait-elle pour autant, elle qui a souvent reçu Harvey Weinstein sur sa terrasse cannoise lors de déjeuners, de junkets ou de soirées? "Pas une actrice n'est venue se plaindre à moi. Si cela avait été le cas, je serai allée le voir, toute petite Albane Cleret que je sois, et je l'aurais immédiatement fait sortir. Par ailleurs, tout le monde savait que l'homme pouvait être lourd. Moi, en dix ans, il ne m'a jamais fait offense. Le seul compliment qu'il m'ait adressé, c'était il y a un an: 'Tu as beaucoup maigri, ça te va très bien.' On ne peut pas dire que ce soit déplacé ou rentre-dedans." Elle rit à ce souvenir, même si elle n'a pas le coeur à blaguer.  

Personne ne l'a. "Ce qu'a fait Harvey Weinstein est inadmissible, reconnait une attachée de presse, mais beaucoup de professionnels français, journalistes compris, devraient cesser de jouer les candides. On en est à reprocher à Weinstein de participer à des partouzes cannoises où la coke circulerait... Vous parlez d'un scoop! Apparemment, la fameuse phrase 'Ce qui se passe à Cannes reste à Cannes' n'a plus le lieu d'être." 

"Deux ou trois producteurs français doivent trembler sur leurs jambes"

Certes, mais on s'éloigne du sujet. Celui-ci demeurant les agressions sexuelles de Weinstein. "Là, je suis à Londres pour affaires et tout le monde ne me parle que de cela, avoue cet investisseur français joint au téléphone. Avec cette question en corollaire qu'on me balance comme une boutade: comment fera-t-on pour gagner des oscars maintenant ? Comme si c'était le souci..."  

L'interlocuteur marque une pause, avant de reprendre, à la fois grave et sybillin: "Toutes ces actrices qui libèrent la parole donne à cette histoire une ampleur dont on n'imagine pas les répercussions. Si les comédiennes trouvent le courage de tout dire, je connais deux ou trois producteurs français qui doivent actuellement trembler sur leurs jambes." "Vous devriez creuser..." ajoute-t-il avant de raccrocher. De toute évidence, la tornade Weinstein en appelle d'autres. 

"Léa Seydoux ***raconte l’agression physique qu’elle a subie quand, plus tard dans la soirée, le producteur “a perdu tout contrôle” dans sa chambre d’hôtel : “Nous parlions sur le canapé quand il a soudainement sauté sur moi et a essayé de m’embrasser. J’ai dû me défendre. Il est grand, et gros, alors j’ai dû résister vigoureusement. Je suis partie, complètement dégoûtée, mais je n’ai cependant jamais eu peur de lui car je savais dès le début à qui j’avais affaire.”

L’actrice dit rencontrer des hommes au comportement semblable à celui de Harvey Weinstein “tout le temps” : “Je connais toutes les façons par lesquelles l’industrie du film traite les femmes avec mépris.” Celle qui a remporté la Palme d’or à Cannes pour La Vie d’Adèle égratigne l’ensemble du milieu du cinéma :

Dans ce milieu, il est très fréquent de rencontrer des réalisateurs qui abusent de leur position. Ils sont très influents, c’est comme ça qu’ils s’en sortent. Avec Harvey, c’était des abus physiques. Avec d’autres, ce sont juste des mots. Il faut être très forte pour être une femme dans l’industrie du cinéma.”

(***Léa SEYDOUX appartient à une famille de milliardaire...Président de PATHE et de GAUMONT!...ça aide à faire du ciénéma...et à ne pas avoir peur!)

Le fait est que “Richie” plaît aux élèves autant qu'il aime plaire. Ainsi en soirée le directeur peut tout aussi bien “dîner au Siècle” que passer des heures sur Facebook pour chatter avec ses étudiants. "Il est le prince des confusions", souligne la journaliste, qui raconte que le directeur n'hésite jamais à discuter, voire flirter, avec les élèves jetant le doute dans la tête de certains jeunes hommes.

“Du haut de leurs vingt ans, les garçons les plus hardis s'émerveillent de l'empire qu'ils croient avoir sur cet homme. Ils suivent sur Facebook les effets de leur charme. ‘Un ange est entré dans mon bureau ce matin’, écrit Richie sur son mur Facebook après avoir croisé un étudiant au regard de biche [...] Mi-ange, mi-diable, il aime qu'on le flatte, il aime qu'on l'aime. Jamais rassasié de l'amour que la jeunesse lui voue.”

Dati, l’ascension courtisane

Par Alain Auffray — 
Rachida Dati, la ministre de la Justice, le 7 janvier. Charles Platiau / Reuters 

En haut de la pile. Un livre dévoile le parcours d’une ambitieuse. Dati, l’ascension courtisane

Bientôt, Rachida Dati ne sera plus ministre. Mais le fulgurant parcours de la «petite Beurette de Chalon» passionne plus que jamais. Un livre en février, un film en mars, un autre livre en avril : Dati, la disgraciée, est habillée pour le printemps !

Habilement titré Belle-Amie, en référence à la figure de l’arriviste de Maupassant, l’enquête de Michaël Darmon et Yves Derai est un succès de librairie. Leur thèse est cruelle : «l’icône de la méritocratie» ne serait, en vérité, que la championne des passe-droits. La démonstration est convaincante. C’est moins à son ardeur au travail qu’à l’extraordinaire énergie qu’elle a déployé pour recruter des protecteurs que la fille d’immigrés illettrés doit son ascension.

Hameçon. C’est aussi ce que montre le film documentaire Dati, l’ambitieuse diffusé sur Arte le 3 mars, en attendant Dati l’intrigante,enquête de la journaliste Jacqueline Remy annoncée pour avril au Seuil. «Elle a dû écrire à la moitié du Who’s Who», grince Catherine Nay devant la caméra d’Arte.

L’éditorialiste d’Europe 1 connaît Dati depuis plus de vingt ans. Son époux, l’ex-garde des Sceaux Albin Chalandon, a mordu a l’hameçon en novembre 1987, lors d’une réception à l’ambassade d’Algérie.

Ce soir-là, le vieux ministre a pris sous sa protection l’émouvante jeune femme de 22 ans. Il lui trouvera sans tarder un job chez Elf.

D’autres mentors suivront : Simone Veil, Jean-Luc Lagardère, Jacques Attali, sensibles à son parcours ou séduits par ses grands yeux noirs.

Le maire de Neuilly Nicolas Sarkozy est contacté en 1996.

Il mettra un certain temps avant de s’intéresser vraiment à celle que Claude Guéant embauchera en 2002 comme conseillère technique au ministère de l’Intérieur.

En 2004, elle est chargée de l’organisation des déplacements du ministre dans les quartiers sensibles.

Lors d’une de ces visites, elle fait sauter la casquette d’un adolescent en lui lançant : «On se découvre devant Monsieur le ministre.» Sarkozy est bluffé : «Elle n’a peur de rien, avec des personnes comme celle-là, on va au bout du monde», aurait-il lâché ce jour-là.

Recueillis par Darmon et Derai sous couvert d’anonymat, les témoignages des collaborateurs de Nicolas Sarkozy sont assassins : «Elle n’a jamais su écrire une note. Tout le monde le savait», dénonce l’un d’eux.

Anonymes également, les nombreux démissionnaires du cabinet de Dati décrivent une garde des Sceaux «en défaillance technique». Ils restituent en détail «l’atmosphère irrespirable» que la ministre colérique a fait régner place Vendôme. «Dati a démontré son inaptitude au travail et son incapacité à formuler une idée sur la justice. Elle n’a tout simplement pas compris où elle était arrivée», explique un «ancien collaborateur» de la garde des Sceaux.

Fiasco. Conseillé par Patrick Ouart, ennemi juré de Rachida Dati, Sarkozy a décidé d’en finir. C’est sans doute ce qui a rendu possible le livre de Darmon et Derai. Disons, en tout cas, que le travail des enquêteurs s’en est trouvé facilité. A l’Elysée comme à la chancellerie, on ne craint plus de faire feu à volonté. Impitoyable avec Dati, le livre est en revanche très indulgent pour Nicolas Sarkozy. Victime innocente d’une imposture, le chef de l’Etat apparaît comme étranger au fiasco dont il est le principal responsable. N’est-ce pas lui qui, en octobre 2007, disait à Michel Drucker sa fierté d’avoir imposé «Rachida» à des magistrats qu’il comparait à des «petits pois» formatés et «sans saveurs» ? Content de lui, le chef de l’Etat avait confié, lors de la même émission, que Rachida Dati avait «pleuré toute la journée» après l’annonce de sa nomination. Ce ministère commençait bien mal…

Belle-Amie, Edition du moment 16,50 euros.

Alain Auffray

François Mitterrand, mille conquêtes et trois amours

>Le Parisien > MAGAZINE > Grand angle|30 juillet 2014, 12h10|0
 
 
 

Ministre ou Président, il a joui de son pouvoir dans les bras de ses admiratrices. Sans s'éloigner des femmes de sa vie : l'épouse, la concubine et la fille adorée.

On ne peut pas les avoir toutes, mais il faut essayer », disait François Mitterrand à son vieux complice Roland Dumas. Et, comme un autre de ses proches, André Rousselet, s'étonnait, quelques mois avant l'élection du président socialiste, de la présence au domicile conjugal d'un jeune moniteur sportif, ami de Danielle Mitterrand : « Que voulez-vous ! On ne peut pas demander à une femme plus qu'on ne lui donne. » Tout Mitterrand est là : entre le cynisme d'un don Juan pour qui la conquête du pouvoir est associée à celle du sexe féminin, et une réelle attention portée aux femmes – à commencer par la sienne, qu'il aura trompée durant cinquante-deux ans tout en lui manifestant un sincère attachement.
La légende, notamment entretenue par son biographe Franz-Olivier Giesbert, veut que le garçon romantique qui grandit à Jarnac (Charente), dans une grande maison familiale où il recherchait la solitude pour lire Lamartine, ait été blessé, à 25 ans, par sa fiancée de l'époque, de sept ans sa cadette. Il s'agissait de Marie-Louise Terrasse, future Catherine Langeais, célèbre speakerine de la télévision des années 1950 à 1970. L'étudiant en droit avait rencontré l'adolescente à Paris, au bal de Normale Sup.

Pendant plusieurs mois, il lui écrivit des lettres exquises : « J'aime beaucoup le corsage “bruyère pâlie” que tu portais ainsi que ta jupe plissée (...). Cela souligne ton allure très souple, et de façon très gracieuse, surtout quand tu danses. » En 1939, le jeune homme est mobilisé, avant d'être fait prisonnier par les Allemands l'année suivante. Il s'évade de son stalag pour rejoindre sa belle. Mais Marie-Louise ne l'a pas attendu… A dater de ce jour, le beau ténébreux se mue en infatigable collectionneur. « J'en avais choisi une. Elle ne m'avait pas choisi. Alors, je les ai choisies toutes… » On songe au refrain Mille e tre, dans lequel Leporello, le valet de Don Giovanni dans l'opéra de Mozart, énumère les conquêtes de son maître. « Mille et trois » : paysannes, bourgeoises ou marquises, blondes comme Marie-Louise, brunes insolentes ou douces aux cheveux blancs, toutes y passent…
Lorsqu'il entre à l'Élysée, à 64 ans, la réputation de Mitterrand n'est plus à faire. En 1948, alors qu'il est secrétaire d'Etat dans le gouvernement du radical-socialiste Henri Queuille, on le voit, en habit, au « bal des petits lits blancs », donné chaque année à l'Opéra Garnier au profit des enfants tuberculeux, hypnotisé par le décolleté d'une actrice. En 1954, le voici ministre de l'Intérieur. Convié chez le président du Conseil, Pierre Mendès France, il repart avant la fin de la réunion pour retrouver la chanteuse Michèle Arnaud.
Au festival de Cannes de 1956, les photographes surprennent son regard de gourmandise devant la chute de reins de Brigitte Bardot. La même année, alors qu'il est nommé garde des Sceaux par le socialiste Guy Mollet, il s'installe place Vendôme. Danielle a la mauvaise surprise de trouver dans sa chambre un bouquet de cent roses rouges, adressé à « François » par une admiratrice. Il dîne sans elle, dans les restaurants de fruits de mer dont il raffole, avec sa belle-sœur Edith Cahier, la mère de Frédéric Mitterrand, attendrie par ce « compagnon sensible au front rêveur ».
Devenu chef du PS, il inaugure, en 1974, le siège du parti : à chaque étage, une jeune femme a été priée de l'attendre. Michèle Cotta, qui l'a connu alors qu'elle était jeune stagiaire à France Observateur (qui deviendra plus tard Le Nouvel Observateur) se souvient : « Il ne concevait pas une réunion politique sans partir avec une fille. » Parfois, Mitterrand demande à la journaliste et à sa consœur Jacqueline Chabridon de le déposer au pied du Sacré-Cœur : il va voir Dalida. Pour lui, la chanteuse va faire de sa villa à Montmartre un PC de campagne. Dans son vivier de groupies, Mitterrand repère aussi de futures ministres : Edith Cresson, Elisabeth Guigou, Ségolène Royal…
« Les femmes sont souvent moins bien que les hommes, observe-t-il. Mais quand elles sont mieux, elles sont beaucoup mieux qu'eux. » Combien de journalistes, comme Sylvie Pierre-Brossolette, longtemps rédactrice à L'Express, et Marine Jacquemin, de TF1, littéralement enlevée par le vieux Président malade lors d'un G7 au Japon et emmenée à Washington et New York, tomberont sous le charme de l'homme qui leur envoyait des cartes postales de Chine, les invitait à visiter la basilique de Vézelay et les conviait à se balader sous les pins de Latche, son lieu de villégiature dans les Landes ? Tous ces rituels participeront à son œuvre de séduction. « Il avait, comme Casanova, la langue d'or, ce don de plaire par la parole, écrira Françoise Giroud dans L'Express, en 1996, quelques jours après sa mort. L'eût-il voulu, il eût été capable de séduire une pierre, geste économe, œil brillant de malice, voix feutrée, propos enveloppant comme un châle. »
Arrive la campagne de 1981. Peu d'amis du candidat socialiste connaissent alors sa liaison avec Anne Pingeot, séduite vingt ans plus tôt alors qu'adolescente, elle passe des vacances avec ses parents à Hossegor. Ses anciennes camarades de faculté taisent leurs souvenirs de colocataires, rue Saint-Placide, dans le 6e arrondissement de Paris : un soir sur deux, après dîner, on sonne à la porte. « Ne vous dérangez pas, a prévenu Anne, j'ouvrirai. » Les filles respectent la consigne. Mais une nuit, dans la salle de bains, l'une d'elles tombe sur un homme déshabillé. « Oh, pardon, monsieur ! » C'est Mitterrand ! Pour montrer à Anne qu'elles ne sont pas dupes, ses copines accrochent au fil à linge une affiche du candidat socialiste, qui se balance au-dessus de leurs têtes quand elles prennent leur douche.

Il faudra attendre qu'Anne tombe enceinte, à 30 ans, pour que son père, furieux, la persuade enfin d'emménager rue Jacob… non loin de la rue de Bièvre, où le couple Mitterrand a élu domicile. C'est là que grandit Mazarine, née le 18 décembre 1974 dans une clinique d'Avignon où sa mère a accouché, seule, tandis que son père était en vacances à Latche. Là aussi – ou plus exactement au coin du boulevard Saint-Germain – que, sept ans plus tard, le chauffeur du Président socialiste le déposera chaque soir. Bientôt, cette « deuxième famille » s'installera quai Branly, dans un immeuble appartenant à l'Etat.
Elle passera ses week-ends au château de Souzy-la-Briche (Essonne), avant que le chef de l'Etat ne regagne, pour le dîner du dimanche, la rue de Bièvre. A Noël, elle descendra le Nil sur le yacht du Président égyptien Moubarak. Mais le réveillon du 31 décembre à Latche restera sacré. Quant aux vacances d'été, Mitterrand les partagera entre sa bergerie landaise et Gordes (Vaucluse), où il fait construire une petite maison pour Anne et Mazarine. Là, il transmet à l'enfant bien-aimée son goût des livres, son amour de la nature et ses rituels. Chaque soir, sur le banc de pierre, il lui fait répéter : « Bonsoir la nuit, bonsoir le lion qui n'a pas de dents, bonsoir la mer et les nuages, bonsoir le tilleul. »
La France, émue aux larmes, scrute lors de ses obsèques, le 11 janvier 1996, la double famille de ce septuagénaire polygame : mari attentif, soucieux de téléphoner chaque jour à Danielle, et mari jaloux de la « seconde épouse », Anne : « Pourquoi ne répondais-tu pas quand j'appelais ? » Dompté, Mitterrand président ? Grand connaisseur de Casanova, l'écrivain Philippe Sollers voit en « Madame Pingeot », la conservatrice du Louvre et du musée d'Orsay choquée par des dessins érotiques de Rodin, une nouvelle Madame de Maintenon, tentant d'enfermer dans le conformisme un monarque libertin.
S'il savait ! Certes, le chef de l'Etat, atteint d'un cancer, ne peut plus s'offrir chaque soir, en se faisant conduire successivement au domicile de trois belles, ce que son chauffeur appelait « une entrée, un plat, un dessert ». Mais cela ne l'empêche pas de multiplier les conquêtes. Il s'invite à déjeuner dans le petit appartement qu'habite, sur l'île Saint-Louis, la journaliste suédoise Christina Forsne, qui lui mitonne des ris de veau à la crème. Il l'emmène aussi à Venise pour un sommet du G7, où il fait attendre le Président américain Reagan en savourant avec elle un chocolat. Il ne rompra qu'à la fin de son second septennat, Christina ayant fait un esclandre en criant à des policiers : « Je suis la maîtresse du président de la République ! »
Pour Mitterrand, 1994 est « l'année des adieux », selon les mots de Laure Adler. Alors conseillère à l'Elysée, elle dépeint le ballet des médecins, celui des « courtisans », qui trouvent le Président « en pleine forme », et la présence dévouée des femmes. Dès qu'il lui téléphone, l'ancienne secrétaire générale adjointe du Palais, Anne Lauvergeon, passe ainsi voir Mitterrand. Mais lui n'a qu'une passion : Mazarine. Pour la libérer enfin de la prison du secret, il lui offre, en novembre 1994, à la veille de ses 20 ans, la couverture de Paris Match.
La photo du couple père-fille a été prise prétendument à son insu, à la sortie du restaurant parisien Le Divellec. Mais comme il est fier de s'afficher avec cette fille qui lui ressemble ! Fier, et soudain si vulnérable. Quand Mazarine lui lance : « Mais toi, tu n'es pas capable d'aller jusqu'au bout de tes choix », le don Juan Mitterrand baisse la tête. Aucune femme ne lui avait parlé comme ça. Aucune ne s'était jamais sentie aussi sûre de son amour.

 

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