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La réalité en face

La réalité en face

Un des maux de notre époque, c'est le refus et l’interdiction de regarder la réalité en face et surtout de la décrire! c'est le Politiquement Correct qui l'empêche! Il conditionne la description et donc la perception du réel! Quand elle est "Non Idéologiquement Conforme", la réalité est occultée, tronquée, manipulée par les media.


LADJI DIALLO - CAÏD DE L'AMOUR - "c’est à Lourdes que j’ai été baptisé. Commençait une vie nouvelle ! "

Publié par Michael Jeaubelaux sur 5 Août 2015, 15:42pm

"Dès l’enfance, je montre un sérieux penchant pour la bagarre. Je castagne sérieusement tout ce qui se met sur mon chemin. C’est ma manière d’exister. Ma mère peut se montrer très dure, voire violente avec nous sept. Mon père, peu présent dans la vie quotidienne, se consacre à son travail de boulanger. Je suis en constant échec scolaire, incapable de réfléchir. Les caïds qui dominent la cité sont mes idoles. Je suis mal entouré.

Puis mes parents ont un grave accident. Moi, l’adolescent buté, refusant toute émotion, à leur chevet, je craque et me mets à pleurer. À l’hôpital, le voisin de chambre de mon père lui conseille de nous envoyer en colonie de vacances. Il connaît un prêtre qui organise des séjours dans les Pyrénées. Mon père et ce prêtre s’entendent d’emblée. Nous voilà cinq de mes frères et sœurs et moi sous l’autorité d’un prêtre, avec une chapelle à la porte du centre, lui-même situé à quelques kilomètres de Lourdes. Le prêtre nous fait rire, nous confie des responsabilités. Ses mots simples labourent mon cœur. Sans l’avouer, je trouve en lui un repère solide.

Les jeunes catholiques se retrouvent dans la chapelle. Ils sont tout joyeux en sortant, ont l’air heureux de croire. Je suis frappé par leurs chants. Je les sens habités d’une curieuse présence…

BOULEVERSE

Le prêtre accepte de nous intégrer à une équipe de jeunes qui vont à Lourdes brancarder les malades. Comment ne pas être bouleversé par le handicap ? Je ne sais plus où me mettre ni quoi faire… Ce sont eux, les blessés de la vie, qui viennent vers moi et m’apprivoisent. Peu à peu, ce monde à l’envers remet mon cœur à l’endroit. Avec cette expérience conjuguée à celle de la colo, je sens quelque chose qui bouge en moi. Je ne me reconnais plus ! Ça perturbe mon sommeil.

Accoudé à la fenêtre, j’aperçois dans la nuit des ombres se diriger vers la chapelle, qui se relaient. Une nuit, je me décide enfin à aller voir d’un peu plus près ce qui se passe. J’entre discrètement, il n’y a personne. Je m’assieds sur un banc. Et j’attends, sans bouger. Les minutes passent. C’est alors que je me sens profondément apaisé. Une chaleur m’envahit. Et mes larmes se mettent à couler. Quelque chose en moi murmure : « Ladji, laisse-toi faire, laisse-toi aimer ! … D’accord, tu as fait du mal, mais tu es un être aimable, tu es capable d’être aimé ! Moi, je veux te faire découvrir qui tu es, ta richesse, ta beauté. » Une paix extraordinaire m’enveloppe. Je reste longuement là, comme suspendu hors du temps. Je n’ai rien fait pour mériter un tel retournement, mais quelle joie ! Je sors de la chapelle, léger et heureux.

Dans ma chambre, il y a un Nouveau Testament. Je découvre alors l’histoire de Jésus. Les paroles de Jésus me consument d’une brûlure intérieure qui ne faiblit pas. Je sais que je veux suivre Jésus. C’est ce que je dis le lendemain au père Joseph. « Du calme ! » Il me demande de réfléchir, de revenir lui en parler la semaine suivante. « On n’est pas pressé ! » Mais une semaine plus tard, n’ayant cessé de lire les évangiles, je reviens vers lui, plus déterminé que jamais : « Je veux suivre Jésus ! » « Ça ne sera pas facile », me prévient-il. Je lui réponds : « Ça m’est égal », encore inconscient du ressentiment familial.

Au retour, je raconte à mes parents ce que j’ai vécu. Erreur. Ils sont blessés au cœur. Ils ont obligation de transmettre leur religion à leurs enfants. Mon aveu est signe de leur échec. Ils perçoivent pourtant que j’ai changé. Je suis plus calme, je contrôle mon agressivité.

Je n’évoque plus avec eux le chemin de foi que j’entame discrètement. J’apprends la guitare dans un groupe qui anime les messes dominicales.

Après deux années de cheminement, c’est à Lourdes que j’ai été baptisé. Commençait une vie nouvelle !

Sur ce chemin, se révélèrent les talents de conteur, comédien et chanteur que Dieu m’a confiés. Je suis heureux de les mettre entièrement à son service aujourd’hui ! "

a son Livre et son CD Caïd de l’amour Ladji Diallo, Monthabor, 2015, 18 € Sous les ailes de mon père Monthabor, 2015, 15 € Jean-JaCQUEs aBaDIE/rEFlex

Source L'1 visible N°61 Juillet-Aoüt 2015

http://fr.1001mags.com/parution/l-1visible/numero-61-jui-aou-2015/page-10-11-texte-integral

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