Depuis novembre 2016, après des années de brouilles, l’UOIF a réintégré le bureau du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui représente le culte auprès des pouvoirs publics. Mais ce qu’elle y a vu des projets en cours d’élaboration ne l’a, à l’évidence, pas convaincu.
Née en décembre 2016, la Fondation pour l’islam de France, dessinée par le ministère de l’intérieur et présidée par Jean-Pierre Chevènement, « s’est faite sans les musulmans », accuse Amar Lasfar. Cette institution est destinée à financer des projets éducatifs et culturels, des diplômes universitaires sur la laïcité ouverts aux imams à la recherche en islamologie.
L’association cultuelle en gestation, destinée quant à elle à assurer un financement plus efficace et plus transparent du culte musulman, ne plaît pas davantage au président de l’UOIF. « Il n’y a pas de problème de financement de l’islam, c’est un faux problème », assure-t-il. Selon lui, les principales mosquées sont en mesure de payer leur imam et de faire fonctionner leurs écoles. « Le culte s’autofinance », affirme-t-il.
L’UOIF se plaint avant tout d’un processus dont elle s’est sentie marginalisée. « Comment et par qui ont été faits les statuts de l’association ? Quel dosage entre les fédérations ? Pourquoi la charte de l’imam [à laquelle les imams devraient souscrire] ne s’appliquerait pas aux imams “importés” d’Algérie, du Maroc et de la Turquie ? Qui évaluera les imams ? C’est l’Etat qui a mis cette association à l’ordre du jour. C’est un dispositif fait sans l’UOIF », dénonce Amar Lasfar.
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L'UOIF tourne le dos aux projets du gouvernement sur l'islam
Amar Lasfar, président de l'Union des organisations islamiques de France, estime que la Fondation pour l'islam de France " s'est faite sans les musulmans ". Depuis novembre 2016, après des année...